histoire de Jesse

Mar 5, 2018 by

Mon histoire: de la drogue au diplômes!

par Jesse Thistle

                    Moi à 8 ans

Je suis né dans une petite communauté métis-cri, dans le nord de la Saskatchewan.

Ma famille avait des antécédents de traumatismes et de dépendances. Durant mon enfance, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre mon identité. Je me suis donc réfugié dans l’alcool et la drogue pour tenter de fuir la douleur. À 21 ans, j’ai essayé le crack pour la première fois. Et durant les 11 ans qui ont suivi, ma vie entière n’a été consacrée qu’à la consommation de drogues. Je faisais n’importe quoi pour avoir ma prochaine dose.

En 2006, j’ai été arrêté pour vol.

En 2006, j’ai été arrêté pour vol. Au moment de ma condamnation, le juge a ressenti de la compassion pour moi. Il a accepté de me libérer, sous la condition que je fasse une cure de désintoxication et cesse de consommer. Je me suis inscrit à un centre de désintoxication à Ottawa, mais je me suis retrouvé à la rue dès ma libération. Ma dépendance était trop forte.

Les deux années suivantes ont été les plus difficiles de ma vie. Ma consommation de drogue avait complètement pris le contrôle de mon existence. Je dormais dans des cages d’escaliers, dans des ruelles et à divers autres endroits à l’extérieur. J’avais perdu tout espoir. Puis j’ai trouvé les Bergers de l’Espoir.

Les Bergers de l’Espoir ont été là, pour moi, durant les moments les plus sombres de ma vie, en 2007 et 2008.
Les Bergers ont été là, pour moi, durant ce moment critique de ma vie. J’ai habité dans leurs installations durant la pire partie de ma dépendance. Et puisque j’étais si intoxiqué, aucun autre refuge ne voulait de moi. Littéralement.

J’ai visité le programme de vêtements Sheps pour m’aider à rester propre.

Les Bergers m’ont ouvert leur porte alors qu’aucun autre ne voulait le faire.

Je n’avais rien; pas de vêtements, de nourriture ou d’argent, et je n’avais nulle part où habiter. Cet hiver-là, à Ottawa, le froid était féroce. Chez les Bergers, j’ai pu manger des repas chauds et dormir dans un lit.

Les Bergers ont été mon seul espoir. Les Bergers de l’Espoir m’ont gardé en vie.

J’étais ce type que vous voyiez mendier au coin de la rue Murray et de l’avenue King Edward. Je me promenais autour du Marché Byward, en train de quémander de l’argent pour acheter des drogues. Le programme vestimentaire des Bergers de l’Espoir était mon seul « magasinage » du mois. Puisque j’étais un sans-abri, je ne pouvais pas vraiment laver mes vêtements. Je profitais donc de ce programme pour m’aider à rester propre.

Les Bergers de l’Espoir m’ont sauvé la vie.

En 2008, j’ai de nouveau été arrêté. Le juge m’a donné un choix : prendre la désintoxication au sérieux ou aller en prison. Durant ma cure de désintoxication, j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires. Toujours durant cette cure, j’ai été admis dans un programme de transition à l’Université Carleton. Ensuite, je me suis inscrit à l’Université York afin d’obtenir mon diplôme de premier cycle et j’ai étudié l’histoire autochtone.

Moi et l’amour de ma vie, Lucie.

Durant mes études, j’ai exploré l’histoire de ma famille. J’ai repris contact avec ma spiritualité et mon Créateur / Dieu. J’ai aussi été informé des traumatismes intergénérationnels auxquels plusieurs personnes autochtones, dont ma famille, se heurtent.  J’ai pris conscience que je faisais partie de ce cycle traumatique. J’ai découvert que les traumatismes non résolus peuvent se manifester sous la forme de comportements autodestructeurs et qu’il s’agissait de la cause profonde de mes problèmes de dépendance.

De nombreuses personnes habitant aux Bergers de l’Espoir souffrent de traumatismes semblables. Plus de 21 % des personnes habitant aux Bergers se définissent comme autochtones. Un lourd passé teinter de traumatismes et de violence a fait en sorte que plusieurs d’entre eux ont dû faire face à des dépendances et à des troubles de la santé mentale. Et tout comme les Bergers ont été là pour moi quand j’avais besoin d’aide, grâce à votre générosité, ils continuent d’être là pour ces individus durant cette période de vulnérabilité.

Je suis boursier Vanier et boursier Trudeau – les meilleures bourses de doctorat au pays!

J’ai poursuivi mon éducation et j’ai fait une maîtrise à l’Université Waterloo. En 2016, j’ai été le récipiendaire de la  Bourse d’études supérieures Vanier Canada ainsi que de la bourse de la Fondation Trudeau — les deux bourses doctorales les plus importantes au pays. Je suis le chercheur en résidence de l’itinérance autochtone à l’Observatoire canadien sur l’itinérance. Depuis septembre dernier, je concentre mes efforts afin d’obtenir mon doctorat à l’Université York.

Je n’ai jamais oublié mon passé ni les expériences qui ont fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui. Je serai éternellement reconnaissant que vous étiez là pour moi quand j’avais besoin d’aide. Je suis reconnaissant que vous ne m’ayez pas tourné le dos à cause de ma dépendance. Je suis reconnaissant que vous m’ayez donné une deuxième chance.

Chacun de nous pouvons réussir notre vie, en dépit de nos dépendances passées ou présentes. Votre don aux Bergers de l’Espoir pourrait aider le prochain étudiant qui décrochera la bourse Trudeau-Vanier, et le prochain médaillé du Gouverneur général.

C’est moi, aujourd’hui. Une vie heureuse, saine et vivante au maximum. Tout cela grâce à VOUS!

Allez-vous aider les gens à trouver leur vrai potentiel? Je donne aussi mensuellement aux Bergers, parce que j’ai une connaissance directe de l’impact qu’ils ont sur ceux qui ont désespérément besoin d’eux. J’espère que vous choisirez d’être une source d’espoir pour ceux dans le besoin et que vous continuerez d’appuyer généreusement les Bergers de l’Espoir.

 

 

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